Faune de la Tude et de la Dronne

Journée Grande mulette avec l’Agence Française pour la Biodiversité

Depuis le 1er janvier 2018, l’exercice de la compétence GEMAPI par notre Syndicat, s’étend à l’échelle des bassins versants structurant notre territoire. Dans ce cadre, nous apportons une attention particulière à la gestion des hydrosystèmes. Entre autres, nous réalisons l’animation locale du site Natura 2000 FR7200662 « Vallée de la Dronne de Brantôme à sa confluence avec l’Isle » par prestation pour le compte d’EPIDOR.

Sur le site de la Vallée de la Dronne, ce sont aujourd’hui 8 habitats naturels d’intérêt communautaires qui ont été inventoriés et 21 habitats d’espèces inscrites à l’annexe II ou IV de la Directive Habitats. Parmi les espèces inventoriées, un mollusque bivalve filtreur aujourd’hui extrêmement rare sur nos rivières est présent : la Grande Mulette qui est un bio-indicateur de grande qualité.  

Soucieux d’une meilleure prise en compte de cette espèce qui est emblématique de la qualité de nos rivières, les élus du SABVDA ont souhaité proposer des journées d’échanges aux différents partenaires techniques institutionnels.

 

Ainsi, 2 journées de reconnaissance ont été organisées, le jeudi 13 septembre et le mercredi 19 septembre 2018, regroupant une quinzaine de participants de différentes structures : l’Agence Française pour la Biodiversité, l’Agence de l’Eau Adour Garonne et le Conservatoire des Espaces Naturels Nouvelle Aquitaine. 

Prospection du fond de la rivière à l’aide de bathyscope sur la Dronne

 

Grande espèce de moule d’eau douce, la Grande Mulette (photo de gauche), mesure jusqu’à 20 cm et possède une durée de vie supérieure à 100 ans. Sur la Dronne, d’autres espèces de mollusques bivalves remarquables sont présents, comme la Mulette des rivières (photo de droite).

Cartographies et atlas des amphibiens en Charente/ Charente Nature

carto_atlas_herpeto_amphibiens_2010-2017
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Recommandations pour une gestion des milieux aquatiques favorable à la loutre d'Europe

Guide_loutre_milieux.pdf
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Rapport d'activité des opérations de suivi du vison d'Amérique menées en 2014-2015 en Poitou Charente et dordogne

rapport d'activité du suivi du vison en
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Des espèces patrimoniales à préserver :

Gazette des Rivières / CPIE Val de Gartempte : le Vison d’Europe, la Loutre d’Europe et le Castor d’Europe
CPIE Val de Gartempe - Gazette rivieres-
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Espèces aquatiques protégées : fiches opérationnelles pour les gestionnaires / ONEAM

 

Les 12 premières fiches pédagogiques sur les espèces aquatiques protégées sont désormais disponibles pour les gestionnaires de l’eau. Elles contiennent tout ce qu’il faut savoir sur chacune de ces espèces : répartition en France, statut réglementaire, état de conservation, description des habitats particuliers, alimentation, périodes de reproduction... 
Réalisées par l’Onema, le muséum national d’histoire naturelle et le ministère en charge du développement durable, elles seront à terme au nombre de 105.

 

Source : http://www.onema.fr/Especes-aquatiques-protegees

 

Vous trouverez ci-dessous les fiches ONEMA des espèces protégées présentes sur le territoire du syndicat.

La Cordulie à corps fin / fiche ONEMA
Cordulie - fiche ONEMA.pdf
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Le Sonneur à ventre jaune / fiche ONEMA
sonneur - fiche ONEMA.pdf
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La Loutre / fiche ONEAM
Loutre - fiche ONEMA.pdf
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La faune présente sur le bassin de la Tude :

LES ESPECES ANIMALES :

 

Le résultat des consultations réalisées a révélé la présence avérée ou potentielle de 16 espèces animales d’intérêt communautaire, ainsi que la présence d’espèces de l’Annexe IV de la Directive « Habitats Faune Flore » et d’espèces de la Directive « Oiseaux ».

Compte tenu du type de projet, nous avons étudié l’ensemble de cette faune.

 

IV.3.1. LES CARNIVORES SEMI-AQUATIQUES

 

IV.3.1.1. Le Vison d’Europe – Mustela lutreola

Le Vison d’Europe représente l’un des enjeux de conservation national et européen les plus forts. Le département de la Charente représente la limite Nord de son aire de répartition actuelle. Strictement inféodé aux milieux humides, le Vison d’Europe utilise les cours d’eau, les ripisylves et les habitats situés dans le lit majeur pour se gîter et pour chasser. Il affectionne les zones de végétation dense et humide pour y chasser à l’affût ou pour y installer ses gîtes (touffes de Carex, ronciers, embâcles, tas de bois, systèmes racinaires…).

Sur la Tude, le Vison d’Europe est bien présent et occupe l’ensemble du réseau. Des données de présence récentes ont été enregistrées à l’aval comme à l’amont (Bazac et Saint-Amant pour les plus récentes).

 

IV.3.1.2. La Loutre d’Europe – Lutra lutra

L’eau est un élément indispensable au maintien de la Loutre, en constituant à la fois une voie de circulation, une source d’alimentation et un facteur de sécurité en cas de danger ou dérangement. La Loutre quitte donc rarement l’élément aquatique et elle est ainsi susceptible d’exploiter tous les types de milieux aquatiques. Aujourd’hui, l’espèce reste particulièrement menacée à l’échelon national même si des indices probants de recolonisation ont été enregistrés depuis les années 1990. Sur la Tude, elle est bien présente et fréquente l’ensemble du réseau comme l’attestent les indices recensés dans le cadre des inventaires menés pour le DOCOB sur tout le réseau de la Tude.

 

IV.3.2. LES CHAUVES-SOURIS

 

IV.3.2.1. Le Petit rhinolophe – Rhinolophus hipposideros

Cette petite espèce est en régression alarmante en Europe. Avec 6% de la population française, la région Poitou-Charentes représente un refuge non négligeable pour cette chauve-souris. Lors de ses déplacements, le Petit rhinolophe évolue principalement en suivant des corridors boisés pour rejoindre ses terrains de chasse distant de quelques kilomètres du gîte. Ses territoires de chasse se composent de linéaires arborés, prairies et zones humides. Il se nourrit de petits insectes nocturnes. Cavernicole lors de la période d’hibernation, cette espèce recherche les combles et greniers chauds lors des périodes de transit et de reproduction.

 

IV.3.2.2. La Barbastelle – Barbastella barbastellus

La Barbastelle est l’un des chiroptères dont l’état des populations inspire le plus d’inquiétude. On assiste au déclin marqué de l’espèce dans une bonne partie du continent. En Poitou-Charentes, les contacts sont peu fréquents mais réguliers. C’est une espèce qui est liée à la végétation arborée où elle chasse de petits insectes, et qui utilise principalement les bâtiments comme gîtes de mise bas. On la trouve également régulièrement dans les anfractuosités des ponts et les cavités arboricoles. L’état de conservation des populations sur le site est difficile à estimer, étant donné le peu de contacts établis avec l’espèce. Aucune colonie de reproduction n’a été découverte au cours des prospections en cours pour le DOCOB, mais de nombreux bâtiments et vieux frênes restent potentiellement favorables. On peut considérer que sur le site cette espèce est fragile, comme dans l’ensemble de son aire de répartition.

 

IV.3.2.3. Le Vespertilion à oreilles échancrées – Myotis emarginatus

Cette espèce plutôt grégaire fréquente toutes sortes de milieux, urbains, forestiers, aquatiques… Cavernicole en période hivernale, ce Vespertilion est très éclectique quant au choix des sites de reproductions : grottes, bâti ancien ou récent… Son régime alimentaire est principalement constitué d’araignées, mais il consomme aussi volontiers de petits insectes volants. Il a été contacté à plusieurs reprises à Montmoreau, où il existe probablement un gîte de reproduction.

 

IV.3.2.4. Le Murin de Daubenton – Myotis daubentoni

Cette espèce est nettement inféodée aux milieux aquatiques, au-dessus desquels elle chasse de petits insectes en volant à quelques centimètres de la surface de l’eau. Les colonies de reproduction sont souvent installées sous les ponts, entre les disjointements et les joints de dilatation.

 

IV.3.2.5. Le Murin à moustaches – Myotis mystacinus

Cette petite espèce discrète est inféodée aux massifs forestiers et aux vallées, mais aussi aux parcs urbains. Cavernicole en hiver, elle recherche les cavités arboricoles et les fissures des ponts en période de transit et de reproduction.

 

IV.3.2.6. Le Noctule de Leisler – Nyctalus leisleri

Cette espèce fréquente à la fois les zones forestières et urbaines, où elle capture ses proies en volant assez haut, d’un vol rapide, à la manière des martinets. Les colonies sont installées dans des cavités arboricoles, où dans le bâti humain.

 

IV.3.2.7. La Pipistrelle commune – Pipistrellus pipistrellus

Cette petite espèce opportuniste fréquente tous les milieux riches en insectes, aussi bien dans les villes et villages qu’en forêt et au-dessus de l’eau. Les colonies sont installées principalement dans les constructions humaines, mais aussi dans les cavités arboricoles et sous les ponts. Cette petite chauve-souris est l’espèce la plus fréquemment rencontrée sur le site. Elle semble être répartie sur l’ensemble du réseau hydrographique de la Tude, avec des populations parfois importantes, notamment près des villes et des secteurs urbanisés.

 

IV.3.2.8. La Sérotine commune – Eptesicus serotinus

Comme les pipistrelles, cette chauve-souris est une adepte des zones urbaines, où elle profite des éclairages publics qui attirent de nombreux insectes. Les colonies sont installées dans les bâtiments, modernes ou anciens. Cette grande espèce relativement commune en Poitou-Charentes a été contactée à plusieurs reprises sur la zone d’étude lors des inventaires en cours pour le DOCOB.

 

IV.3.3. LES OISEAUX

 

IV.3.3.1. L’Alouette lulu – Lullula arborea

Cette alouette sédentaire est inféodée aux habitats herbeux à faible couverture végétale entrecoupés de haies. Elle se distingue des autres alouettes par sa tendance à se percher, qui lui font rechercher la présence de postes de chant élevés. Son régime alimentaire, essentiellement granivore, devient nettement insectivore en période de reproduction. Elle niche à même le sol, dans des zones dégagées. Dans la vallée de la Tude, elle est présente çà et là mais ne semble pas être fréquente.

 

IV.3.3.2. Le Busard Saint-Martin – Circus cyaneus

Ce rapace sédentaire est assez fréquent en Charente. Il se nourrit de petits rongeurs et a l’habitude de chasser en volant au ras du sol. Les couples nichent au sol, dans les cultures de céréales, les friches, les landes et les pelouses. Dans la vallée de la Tude, il a été observé en chasse à plusieurs reprises.

 

IV.3.3.3. L’Engoulevent d’Europe – Caprimulgus europaeus

Espèce migratrice, insectivore aux moeurs crépusculaires, l’engoulevent est un visiteur d’été qui possède un chant caractéristique permettant de le repérer facilement. Il fréquente les boisements clairs, les clairières, les coupes, les pelouses sèches et les landes, où il niche à même le sol. Dans la vallée de la Tude qui ne présente que peu de biotopes favorables, il n’est présent que dans une lande située en tête de bassin.

 

IV.3.3.4. Le Martin pêcheur d’Europe – Alcedo atthis

Cet oiseau de petite taille est inféodé aux cours d’eau, étangs et marais où il pêche de petits poissons nageant en surface, voire des insectes aquatiques ou des amphibiens. Cavernicole, il creuse son nid dans une berge abrupte de sédiments meubles et y élève chaque année 2 à 3 nichées de 6 à 7 jeunes. Cette importante fécondité permet de compenser une forte mortalité lors des hivers rigoureux ou des sécheresses estivales. Cet oiseau a besoin de milieux aquatiques poissonneux, avec des zones de berges abruptes et meubles pour sa nidification. Sur la Tude, l’espèce a été observée çà et là mais ne semble pas être abondante.

 

IV.3.3.5. Le Milan noir – Milvus migrans

Ce rapace, reconnaissable à son plumage foncé et sa queue triangulaire, exploite préférentiellement les ripisylves, les plans d’eau douce ou saumâtre et les espaces agricoles ouverts. Le Milan noir est généralement lié au voisinage de l’eau, et se montre également très anthropophile. Charognard, il se concentre parfois sur les décharges à ciel ouvert, suit la fauche des prairies ou des luzernes, et explore les bords de routes pour récupérer les animaux morts dont il se nourrit. Il niche généralement à la cime de grands arbres. Dans la vallée de la Tude, il a été observé à de nombreuses reprises en vol, et quelques couples y nichent probablement.

 

IV.3.4. LES REPTILES

 

IV.3.4.1. La Cistude d’Europe – Emys orbicularis

Cette tortue aux moeurs aquatiques fréquente les mares, étangs, et cours d’eau lents présentant une importante végétation aquatique. Carnivore, elle se nourrit principalement d’invertébrés aquatiques. La femelle pond en été une dizaine d’oeufs dans des sols meubles et ensoleillés, sur des sites parfois éloignés d’une centaine de mètre de son milieu de vie. Les oeufs éclosent en automne, donnant naissance à des jeunes mesurant quelques centimètres. Cette espèce est en régression partout en Europe. En France, les populations les plus importantes sont situées en Brenne et dans les marais atlantiques, à Brouage notamment. Dans la vallée de la Tude, elle est présente sur au moins 3 étangs situés sur les communes de Médillac, Juignac et Saint-Amant. Cela confirme son implantation sur le réseau de l’aval à l’amont, préférentiellement dans les mares et étangs avec une utilisation de la rivière pour se déplacer.

 

IV.3.4.2. La Couleuvre verte et jaune – Hierophis viridiflavus

Cette couleuvre de grande taille fréquente généralement les lieux secs et broussailleux, mais on la trouve également dans des zones plus humides, comme c’est le cas ici. Elle se nourrit principalement de micro-mammifères, mais consomme aussi des amphibiens, reptiles et oisillons, qu’elle capture dans les arbres, où elle monte fréquemment. Cette espèce plutôt discrète a été observée plusieurs fois, sur l’ensemble de la vallée. Ce serpent fait partie des espèces de reptiles les plus fréquemment observées dans le département.

 

IV.3.4.3. Le Lézard vert – Lacerta bilineata

Ce lézard de grande taille affectionne particulièrement les milieux ensoleillés proches d’un couvert végétal dense, comme les lisières, les haies, les talus, où il s’expose une grande partie de la journée. Très agile, il se déplace rapidement et peut grimper dans la végétation. Cette espèce à été observée à de nombreuses reprises sur l’ensemble du réseau hydrographique, où elle semble être relativement commune.

 

IV.3.4.4. Le Lézard des murailles – Podarcis muralis

Ce lézard fréquente les mêmes milieux que le Lézard vert, avec une préférence pour les lieux pierreux, les vieux murs et les habitations. Il se nourrit de petits invertébrés. Cette espèce, encore très commune partout en France, est présente elle aussi sur l’ensemble du site, avec des effectifs parfois très importants.

 

IV.3.5. LES AMPHIBIENS

 

IV.3.5.1. le Sonneur à ventre jaune – Bombina variegata

Il s’agit d’un petit crapaud dont la taille ne dépasse guère 5 cm, d’aspect ramassé, avec des membres courts. Il fréquente les ornières et mares de faible dimension d’avril à août, où la femelle pond ses oeufs. Cet amphibien, devenu très rare en Poitou-Charentes, est protégé au niveau européen. Un noyau de populations relativement important existe sur la tête de bassin de la Tude. Toutes les stations existantes doivent être impérativement protégées. Cette espèce est très sensible sur le site.

 

IV.3.5.2. La Grenouille agile – Rana dalmatina

Cette grenouille fréquente les milieux forestiers et les prairies, où elle se nourrit de petits invertébrés. La période de reproduction est très précoce (de février à mars), dans des milieux aquatiques stagnants, parfois temporaires comme les flaques issues des inondations hivernales. Cette espèce, encore très commune dans le département, est présente sur l’ensemble de la vallée de la Tude, avec des populations parfois importantes.

 

IV.3.5.3. La Rainette méridionale – Hyla meridionalis

La biologie de cette rainette est semblable à celle de sa cousine, la Rainette verte, dont elle se différencie par l’absence de bande noire dans la partie lombaire et par un chant différent. Leur aire de répartition est également différente, et la Charente fait partie des départements où les 2 espèces cohabitent. Cette rainette atteint ici sa limite nord de répartition. Elle a été observée sur plusieurs sites dans la vallée de la Tude, toujours dans des étangs avec une végétation rivulaire riche.

 

IV.3.5.4. Le Triton marbré – Triturus marmoratus

Ce grand triton fréquente les milieux aquatiques stagnants de février à mai, durant la période de reproduction. Le reste de l’année, on le trouve dans les milieux frais (sous-bois, haies…) et son activité est alors essentiellement nocturne. Il se nourrit de petits invertébrés. Ce bel amphibien semble ici fréquenter plutôt les têtes de bassin, où il a été observé dans des mares. Les effectifs observés sont faibles.

 

IV.3.6. LES INVERTEBRES

 

IV.3.6.1. La Cordulie à corps fin – Oxygastra curtisii

Cet anisoptère de taille moyenne se distingue par un thorax entièrement vert métallique, un abdomen étroit noirâtre avec des taches jaunes dorsales bien visibles. Il est inféodé aux cours d’eau de taille moyenne à grande, bordés d’une abondante végétation aquatique et rivulaire. Après la métamorphose, les jeunes imagos quittent le milieu aquatique durant une dizaine de jours nécessaires à la maturation sexuelle. Ils se tiennent alors parfois très éloignés des cours d’eau. Cette libellule est relativement répandue en Poitou-Charentes, notamment tout le long du fleuve Charente. Elle semble n’être présente que sur la partie aval de la Tude, où elle a été observée à plusieurs endroits et des exuvies récoltées. La Cordulie à corps fin ne semble pas être menacée sur le site, là où les habitats correspondent à la biologie de l’espèce.

 

IV.3.6.2. L’Agrion de Mercure – Coenagrion mercuriale

Ce petit zygoptère bleu est inféodé aux ruisseaux de faible importance, aux eaux claires et bien oxygénées de bonne qualité, situés en milieu ensoleillé. Les adultes sont visibles de mai à août près de leur lieu de naissance, dont ils ne s’éloignent guère. La femelle, accompagnée par le mâle (tandem), insère ses oeufs dans les plantes aquatiques ou riveraines. Les larves se développent dans la végétation aquatique, où elles se nourrissent de micro-invertébrés, et la durée du cycle larvaire est de 2 ans. Cette espèce est bien présente sur la Tude, notamment dans la partie amont.

 

IV.3.6.3. Le Gomphe de Graslin – Gomphus graslinii

Cette libellule de taille moyenne est caractérisée par un corps jaune strié de noir, les cercoïdes du mâle présentant une forte dent latérale. Elle fréquente les grands cours d’eau lents bordés de végétation dense, notamment le fleuve Charente et la Dronne, où elle est relativement abondante. Les larves se développent dans la vase pendant 3 ans et se nourrissent de petits invertébrés aquatiques. Dans la vallée de la Tude, elle ne semble présente que dans la partie aval, près de la confluence avec la Dronne.

 

IV.3.6.4. Le Cuivré des marais – Thersamolycaena dispar

Ce beau papillon orange vif fréquente les prairies humides ensoleillées, et les adultes, qui ont une durée de vie moyenne de 10 jours, s’observent de mai à juillet, en 2 générations. Les chenilles se nourrissent de diverses oseilles (Rumex ssp) et le cycle de développement larvaire varie de 1 an (1ère génération) à 2 mois (2ème génération). Les adultes peuvent s’éloigner de plusieurs kilomètres de leur lieu d’origine, ce qui leur permet de coloniser de nouveaux biotopes. En France, cette espèce est très menacée, du fait de la disparition des prairies humides. Cette espèce semble rare dans la vallée de la Tude, où elle n’a été observée que dans une prairie humide en bordure de l’affluent « la Gace », sur la commune de Saint-Amant.

 

IV.3.6.5. Le Damier de la Succise – Eurodryas aurinia

Ce papillon est inféodé aux prairies humides, landes et tourbières. La chenille se développe principalement sur la Succise des prés. Les adultes sont visibles d’avril à juin. Cette espèce est en régression dans toute l’Europe, suite à la disparition des zones humides. En Poitou-Charentes, elle est encore fréquemment rencontrée, mais son statut est probablement précaire. Cette espèce est présente au moins sur 3 sites dans la partie amont de la Tude, dans des prairies humides et un bas-marais.

 

IV.3.6.6. Le Lucane Cerf-volant – Lucanus cervus

Essentiellement lié aux feuillus, et notamment aux chênes, ce grand coléoptère est présent principalement dans les boisements. Les larves se développent dans le bois mort des souches. Même si l’espèce est encore très commune dans la région, elle reste néanmoins en forte régression dans les pays nordiques, ce qui explique son statut de protection européen. Le Lucane a été observé à plusieurs reprises dans la vallée de la Tude, où il ne semble pas menacé. De plus, les données anciennes confirment sa présence sur l’ensemble du site.

 

IV.3.6.7. L’Ecrevisse a pattes blanches - Austropotamobius pallipes

L’Écrevisse à pattes blanches présente des exigences écologiques très fortes et multiples. Elle est une espèce aquatique des eaux douces généralement pérennes. On la trouve dans des cours d’eau au régime hydraulique varié, et même dans des plans d’eau. Elle colonise indifféremment des biotopes en contexte forestier ou prairial. Elle apprécie les milieux riches en abris variés la protégeant du courant ou des prédateurs (fonds caillouteux, graveleux ou pourvus de blocs sous lesquels elle se dissimule au cours de la journée, atterrissements, sous berges avec racines, chevelu racinaire et cavités, herbiers aquatiques ou bois morts). Il lui arrive également d’utiliser ou de creuser un terrier dans les berges meubles en hiver. Elle est historiquement présente sur le département de la Charente et le réseau hydrographique de la Tude était l’un des derniers récemment occupés. Les derniers inventaires très limités laissent craindre une disparition des derniers noyaux. Toutefois, il convient de rester prudent sachant que des populations insoupçonnées viennent d’être découvertes en Charente. Aussi compte tenu de la patrimonialité de l’espèce, nous baserons notre état initial sur les potentialités des 15 dernières années. Cette espèce à l’état de conservation très critique est très sensible sur les affluents de la Tude situés en amont de Montmoreau.

 

IV.3.6.8. L’Azuré du serpolet – Maculinea arion

Ce petit papillon bleu, en régression au niveau national, fréquente les pelouses calcaires et les prairies sèches riches en thym et origan qui sont les plantes-hôtes des chenilles. Le cycle de développement de la famille des Maculinea est très particulier, puisqu’il dépend à la fois d’une plante-hôte et d’une fourmi du genre Myrmica. Cela explique la grande fragilité des populations d’Azurés du serpolet. Les adultes sont visibles de la mi-mai à août. Cette espèce est peu présente dans la vallée de la Tude et n’est pas inféodée aux zones alluviales.

 

IV.3.7. LES POISSONS

 

IV.3.7.1. La Lamproie de Planer – Lampetra planeri

La Lamproie de planer est une espèce non parasite, vivant exclusivement en eau douce, dans les têtes de bassin et les ruisseaux. De petite taille (12-20 cm), son corps est serpentiforme. La Lamproie de Planer habite toute sa vie les ruisseaux et les secteurs supérieurs des rivières. L’espèce est relativement abondante en tête de bassin dans de nombreux ruisseaux, mais avec des fluctuations marquées. Elle est sensible de la même façon que les autres Lamproies aux activités anthropiques génératrices de pollutions ou de concentrations élevées en matière organique. Aucune source officielle n’a pu être obtenue puisque aucun inventaire récent n’a été mené. Les seuls enregistrements que nous avons recueillis proviennent de la Velonde, de la Viveronne et de la Gace (Pannetier, comm. Pers.). Les potentialités basées sur ces données, les présences sur les cours d’eau environnants, les données historiques et la typologie des cours d’eau sont plutôt fortes sur les affluents de la Tude.

 

IV.3.7.2. Le Chabot – Cottus gobio

Le Chabot est une espèce pétricole, ce qui lui permet de se confondre par mimétisme au milieu rocheux des eaux courantes, fraîches et bien oxygénées. Il affectionne les rivières et fleuves à fond rocailleux, bien que plus commun dans les petits cours d’eau. L’espèce est très sensible à la qualité des eaux et à l’éclairement du cours d’eau qui lui est moins propice. Un substrat grossier et ouvert, offrant un maximum de caches pour les individus de toutes tailles, est indispensable au bon développement de ses populations. Aucune source officielle n’a pu être obtenue puisque aucun inventaire récent n’a été mené (pas de capture dans le réseau Hydrologique Piscicole). Les seuls enregistrements que nous avons recueillis proviennent de la Gaveronne et de la Tude moyenne (Pannetier, comm. Pers.). Les potentialités basées sur ces données, les présences sur les cours d’eau environnants, les données historiques et la typologie des cours d’eau sont plutôt fortes sur les affluents de la Tude.

Quelques photos prises sur le territoire du syndicat :

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